Je sens naître le souffle de la brise en moi.

 

Tel un murmure, je la ressens délicatement se répandre.

Annonciatrice de jours meilleurs, elle est cette caresse consolatrice après la fin d’un amour.

Une invitation vaporeuse et subtile au départ.

La promesse intestine d’une respiration nouvelle.

La brise dissipe ainsi les humeurs sombres et troubles pour de vagabondes rédemptions.

Lorsque la première fois enfant je l’ai sentie essaimer en moi je n’ai eu le courage de suivre ses pas. Mais je me souviens encore de son apparition un soir de printemps dans l’épaisseur d’une nuit noire. J’ai su à cet instant là, que la brise faisait partie intégrante de moi. Qu’elle serait ma gardienne, mon garde fou.

Ce signal immanent m’indiquant de prendre la route juste avant de sombrer dans les abysses de mes mers déchaînées. La suivre à n’importe quel prix, où qu’elle aille.

Lorsque le temps est venu pour moi de faire mes bagages elle me susurre tendrement à l’oreille que l’heure est arrivée. C’est alors que la brise fait écumer avec douceur mes larmes intérieures. Puis une fois passées, elle me lave de senteurs errantes des confins des steppes boisées.

La brise me convoque

Et me libère.

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Elia Lutz